Arriver comme les carabiniers d’Offenbach

La célébrité d’une oeuvre peut se juger aux expressions qu’elle laisse à la postérité. Le regretté René Goscinny, qui nous a quittés il y a quarante ans cette année, en est l’exemple : « devenir calife à la place du calife », « tirer plus vite que son ombre », « ils sont fous ces Romains », sont devenues des expressions du langage courant. Nos Brigands ont eux aussi laissé une expression qui s’est popularisée : « arriver comme les carabiniers d’Offenbach ».

On dit qu’au cours d’une répétition, les acteurs jouant les carabiniers sont entrés en retard, et le chef d’orchestre s’est exclamé « Les carabiniers, encore en retard ! ». Ce qui a inspiré aux librettistes Meilhac et Halévy le gag des retardataires chroniques. Rapidement, grâce au succès des Brigands, « arriver comme les carabiniers d’Offenbach » est devenu une expression populaire signifiant arriver après la bagarre, se présenter trop tard. Dans « les Bijoux de la Castafiore » (1963), Hergé s’en souviendra : planche 37, sixième vignette, le capitaine Haddock demande aux Dupondt : « Est-ce que, par hasard, vous n’auriez pas fait votre service militaire aux carabiniers d’Offenbach ? » Et ceux-ci de répondre : « Aux carabiniers ? Non, au Génie, pourquoi ? » Hergé sait bien que le gag ne sera pas compris de tout le monde. Dans la vignette suivante, Tintin croit devoir expliquer : « Le capitaine veut dire que vous arrivez trop tard ».

 

 

 

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